On parle de cystites à répétition lorsque surviennent au moins quatre infections urinaires basses en un an, ou deux en six mois. C’est une situation fréquente chez la femme. Elle n’est ni le signe d’un manque d’hygiène, ni la conséquence d’une maladie grave : elle s’explique le plus souvent par la brièveté de l’urètre féminin, qui rend le passage des bactéries digestives vers la vessie plus facile.

Le premier réflexe utile est de faire documenter au moins un épisode par un ECBU (examen cytobactériologique des urines), prélevé avant toute prise d’antibiotique. Une brûlure urinaire n’est pas toujours une cystite, et les traitements répétés pris sans preuve finissent par sélectionner des bactéries résistantes.

L’autre examen de base ne demande ni laboratoire ni rendez-vous : c’est le calendrier mictionnel. Pendant deux à trois jours, on note l’heure et le volume de chaque miction, ainsi que l’heure et la quantité de chaque boisson. Ce relevé est souvent le plus instructif de tous, parce qu’il mesure ce qu’un interrogatoire ne fait qu’estimer : la quantité de boisson et sa répartition dans la journée, la fréquence des mictions et le volume de chacune. Il fait apparaître des apports trop faibles, ou concentrés sur une partie de la journée, des mictions trop espacées, ou au contraire des volumes très petits qui témoignent d’envies pressantes plutôt que d’une vessie pleine. C’est sur lui que reposent ensuite les conseils d’hydratation et de rythme des mictions : l’apporter rempli en consultation permet d’aller directement à l’essentiel.

Chez une femme jeune dont les épisodes sont typiques (brûlures, envies pressantes, pas de fièvre, pas de douleur du dos), aucune imagerie ni cystoscopie n’est nécessaire. Un bilan se justifie en revanche s’il existe de la fièvre, du sang dans les urines en dehors des épisodes, un germe inhabituel, ou la suspicion d’un calcul ou d’une vessie qui se vide mal.

Les mesures simples gardent toute leur place, et le calendrier montre lesquelles vous concernent : boire suffisamment, de l’ordre d’un litre et demi par jour réparti régulièrement plutôt que bu en une fois, ne pas se retenir, uriner après les rapports sexuels, et traiter une constipation. La canneberge est sans danger et soulage certaines patientes, mais son efficacité reste modeste et inconstante.

Après la ménopause, la baisse des œstrogènes fragilise la muqueuse vaginale et favorise les récidives. Un traitement œstrogénique local, prescrit par le médecin traitant ou le gynécologue, est alors l’une des mesures les plus efficaces.

Le traitement de chaque épisode reste un antibiotique de courte durée. Lorsque les récidives persistent malgré ces mesures, une antibioprophylaxie peut être discutée, en prise après les rapports ou en prise continue pendant quelques mois. Cette décision se prend en consultation, jamais en automédication.

Consultez sans attendre en cas de fièvre, de frissons ou de douleur d’un côté du dos. Il ne s’agit alors plus d’une cystite mais d’une infection du rein, la pyélonéphrite, qui demande une prise en charge rapide.

Pour aller plus loin : notre fiche sur les infections urinaires. Pour un avis spécialisé : prendre un rendez-vous.