Cystite, pyélonéphrite, prostatite : les infections urinaires sont parmi les infections les plus fréquentes. La plupart guérissent simplement, mais certaines situations imposent une prise en charge urgente et spécialisée.
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Les différentes infections urinaires
- La cystite est l’infection de la vessie, très fréquente chez la femme : brûlures en urinant, envies pressantes et fréquentes, urines troubles — sans fièvre.
- La pyélonéphrite est l’infection du rein : fièvre, frissons et douleur lombaire, le plus souvent dans les suites d’une cystite.
- La prostatite est l’infection de la prostate, principale forme d’infection urinaire chez l’homme : fièvre, brûlures urinaires, difficultés à uriner [3].
- L’orchi-épididymite est l’infection du testicule et de l’épididyme (douleur et augmentation de volume d’une bourse, fièvre).
Quand consulter en urgence ?
- Fièvre avec frissons, douleurs lombaires intenses, impossibilité d’uriner, vomissements empêchant le traitement par comprimés, ou altération de l’état général : ces signes imposent une consultation rapide, car une infection urinaire peut évoluer vers une infection généralisée.
- Situation particulière et urgente : la pyélonéphrite sur obstacle (par exemple une infection en amont d’un calcul qui bloque le rein). Le drainage des urines doit alors être réalisé sans délai — le service assure cette prise en charge chirurgicale en urgence, 24 h/24.
Diagnostic
- La bandelette urinaire oriente le diagnostic en quelques minutes ; l’examen cytobactériologique des urines (ECBU) identifie la bactérie en cause et teste sa sensibilité aux antibiotiques.
- Une échographie ou un scanner sont réalisés dans les formes fébriles, récidivantes ou compliquées, à la recherche d’un obstacle, d’un calcul ou d’une anomalie des voies urinaires favorisant l’infection.
- À l’inverse, la présence de bactéries dans les urines sans aucun symptôme (bactériurie asymptomatique) ne nécessite le plus souvent aucun traitement, en dehors de situations particulières comme la grossesse ou certains gestes chirurgicaux programmés [4, 5].
Traitement
- Le traitement repose sur une antibiothérapie adaptée à la bactérie identifiée, la plus courte et la plus ciblée possible, conformément aux recommandations françaises et européennes [1, 2, 3].
- Les formes sévères (pyélonéphrites compliquées, prostatites fébriles, infections généralisées) peuvent nécessiter une hospitalisation, des antibiotiques par perfusion et, en cas d’obstacle, un drainage chirurgical des urines.
- Le traitement de la cause favorisante fait partie intégrante de la prise en charge : calcul, adénome de la prostate gênant la vidange de la vessie, rétention chronique, anomalie des voies urinaires ou vessie neurologique.
Les cystites récidivantes
Certaines femmes présentent des cystites à répétition. Après avoir éliminé une cause favorisante, la prise en charge associe des mesures simples et efficaces — boissons abondantes, mictions non retenues, miction après les rapports, régularisation du transit — et, selon les situations, des traitements préventifs non antibiotiques ou une antibioprophylaxie très encadrée. L’objectif est double : réduire les récidives et épargner les antibiotiques.
Bien utiliser les antibiotiques : un enjeu majeur
L’augmentation des résistances bactériennes est un enjeu de santé publique mondial. Le service applique les principes du bon usage des antibiotiques : ne traiter que les vraies infections (et non les simples bactériuries [4]), privilégier les traitements courts et ciblés, réévaluer chaque traitement dès réception de l’antibiogramme, et adapter les gestes chirurgicaux aux règles de préparation validées, notamment pour la gestion des urines avant une intervention [5]. Ces pratiques sont conduites en lien étroit avec les infectiologues et microbiologistes du CHU de Bordeaux, y compris pour les infections complexes (germes multirésistants, infections sur matériel, patients immunodéprimés).
L’expertise du service
Le service prend en charge l’ensemble des infections urinaires de l’adulte : formes simples et récidivantes en consultation, urgences infectieuses (pyélonéphrites sur obstacle, prostatites sévères, drainages en urgence 24 h/24), infections associées aux calculs, aux sondes ou au matériel, et situations complexes discutées avec les infectiologues au sein de réunions dédiées. Vous pouvez prendre rendez-vous pour un avis, notamment en cas d’infections récidivantes.
Une équipe qui fait progresser les connaissances
La prise en charge s’appuie sur les recommandations du comité d’infectiologie de l’Association Française d’Urologie (CIAFU) et des sociétés savantes françaises et européennes, régulièrement actualisées [1, 2, 3, 4, 5]. L’équipe contribue à leur diffusion et à leur application, et participe aux travaux sur la gestion péri-opératoire du risque infectieux [5]. Retrouvez nos travaux sur la page Les publications de l’équipe.
Références
- European Association of Urology guidelines on urological infections: summary of the 2026 guidelines (recommandations européennes sur les infections urologiques) — European Urology, 2026.
- Updated guidelines for management of community-acquired urinary tract infections in adult men by the French Infectious Disease Society (SPILF) — Infectious Diseases Now, 2026.
- Antibiotic treatment of male urinary tract infections: scientific rationale behind the 2026 SPILF guidelines — Infectious Diseases Now, 2026.
- Short CIAFU recommendations on the screening and management of asymptomatic bacteriuria in immunocompromised patients — The French Journal of Urology, 2025.
- Preoperative urine culture in urology: indications and management — the 2026 French guidelines — The French Journal of Urology, 2026.
Cet article est inspiré des fiches d’information de l’Association Française d’Urologie : consultez la fiche patient sur les cystites sur Urofrance.org.

