
Comment fonctionne l’ablation ?
L’ablation percutanée permet de traiter certaines tumeurs rénales sans retirer le rein et sans incision chirurgicale classique. Sous guidage de l’imagerie, un radiologue interventionnel introduit une ou plusieurs aiguilles directement dans la tumeur. Le CHU de Bordeaux propose les trois principales modalités : destruction par le froid — cryoablation — ou par la chaleur, par radiofréquence ou micro-ondes.
Pour quels patients ?
Cette stratégie est le plus souvent discutée pour de petites masses rénales, chez des patients fragiles ou à risque chirurgical, en cas de rein unique, lorsque la fonction rénale doit être particulièrement préservée, dans certaines maladies tumorales héréditaires ou pour traiter une récidive. La taille, la localisation et la proximité de la tumeur avec les cavités urinaires, l’intestin ou les gros vaisseaux sont analysées avec précision. Une biopsie de la masse est généralement réalisée avant le traitement afin d’en connaître la nature.
Une décision multidisciplinaire
La stratégie est décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire avec les spécialistes concernés. Pour certaines tumeurs difficilement accessibles à une ablation percutanée ou à la chirurgie, une radiothérapie stéréotaxique rénale peut également être réalisée au CHU de Bordeaux. Le choix entre chirurgie, ablation et radiothérapie dépend de l’anatomie tumorale, de l’état général, de la fonction rénale et du projet du patient.
L’ablation percutanée peut offrir une récupération rapide et limiter l’agression du parenchyme rénal. Elle impose en contrepartie une surveillance radiologique prolongée, car l’absence de pièce opératoire complète et le risque de persistance locale nécessitent des contrôles adaptés.
Ce que montrent les études
Les études comparatives disponibles sont principalement observationnelles. Elles montrent que l’ablation peut être une option pertinente chez des patients sélectionnés, avec une morbidité souvent réduite. Pour des tumeurs plus volumineuses ou complexes, la néphrectomie partielle conserve une place importante, notamment pour le contrôle local. La meilleure stratégie dépend donc du profil du patient et ne peut être résumée à une opposition entre deux techniques.
Les données du réseau national UroCCR permettent d’étudier les résultats des différentes prises en charge en conditions réelles et d’améliorer cette sélection.
Publications et études
- Cazalas G et al. Ablation thermique versus néphrectomie partielle robot-assistée pour certaines tumeurs T1b, European Radiology, 2023 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37004570/
- Long JA et al. Néphrectomie partielle versus ablation dans les indications impératives de préservation néphronique, European Radiology, 2017 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27498139/
- Registre national UroCCR : https://clinicaltrials.gov/study/NCT03293563
Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation. La disponibilité de la technique et son indication sont confirmées après étude du dossier. Parlez-en avec votre urologue.
