Consultation d’urologie au CHU de Bordeaux

Le cancer du pénis est une tumeur rare. Détecté tôt, il peut être traité en préservant l’organe : toute lésion persistante du gland ou du prépuce doit conduire à consulter sans attendre.

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Épidémiologie

  • Cette tumeur est peu fréquente dans les pays occidentaux : moins de 1 % des cancers de l’homme adulte. Elle se manifeste essentiellement après 60 ans, chez les hommes non circoncis, principalement sous forme d’un carcinome épidermoïde.
  • Il existe souvent un retard au diagnostic, entre l’apparition de la lésion et la première consultation — d’où l’importance de consulter tôt. L’évolution est progressive : locale d’abord, puis vers les ganglions de l’aine.

Causes et prévention

  • Les principaux facteurs en cause sont le défaut d’hygiène locale, aggravé par un phimosis empêchant le décalottage, certaines maladies dermatologiques chroniques du gland ou du prépuce, et l’infection par le papillomavirus humain (HPV).
  • La prévention repose sur une hygiène régulière avec décalottage, le traitement d’un phimosis, l’arrêt du tabac et — pour les HPV — sur la vaccination des adolescents, désormais recommandée chez les garçons comme chez les filles.

Signes cliniques

  • À ses débuts, la lésion est indolore : une tache rouge persistante, une zone indurée, une lésion bourgeonnante ou une petite plaie qui ne cicatrise pas au niveau du gland ou du prépuce.
  • Plus tard peuvent apparaître des démangeaisons, des saignements au contact, une augmentation de volume, parfois masqués par un phimosis. Une impossibilité nouvelle de décalotter doit également faire consulter rapidement.

Diagnostic

  • Le diagnostic est avant tout clinique : examen de la lésion et palpation des aires ganglionnaires de l’aine. Une biopsie de la lésion confirme le diagnostic au moindre doute ; les lésions débutantes justifient un avis conjoint avec les dermatologues.
  • L’IRM du pénis ou l’échographie précisent l’extension locale en profondeur ; un scanner ou une TEP recherchent une extension ganglionnaire ou à distance.
  • En l’absence de ganglion palpable, la technique du ganglion sentinelle (repérage du premier ganglion de drainage par un traceur, comme dans le cancer du sein) permet de vérifier l’absence de micro-métastase en limitant le geste chirurgical.

Traitement

  • Pour les lésions limitées, des traitements conservateurs sont privilégiés chaque fois que possible : traitement local, chirurgie limitée (circoncision pour les lésions du prépuce, chirurgie partielle du gland avec reconstruction) ou curiethérapie pour certaines petites tumeurs.
  • Pour les tumeurs plus étendues, une amputation partielle ou totale du pénis peut être nécessaire ; la fonction urinaire est toujours préservée.
  • Le traitement des ganglions de l’aine fait partie intégrante de la prise en charge : ganglion sentinelle en l’absence de ganglion palpable, curage ganglionnaire en cas d’atteinte confirmée, complété si besoin par chimiothérapie et/ou radiothérapie.

Effets secondaires et accompagnement

Les répercussions de la maladie et des traitements — urinaires, sexuelles et psychologiques — sont systématiquement prises en compte : le choix du traitement privilégie chaque fois que possible la préservation de l’organe et de ses fonctions, et un accompagnement psychologique et sexologique est proposé tout au long du parcours.

Une prise en charge multidisciplinaire

Le cancer du pénis étant une tumeur rare, sa prise en charge bénéficie d’une expertise spécifique : chaque dossier est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), en lien avec le réseau national des tumeurs rares, réunissant urologues, dermatologues, oncologues, radiothérapeutes et anatomopathologistes. L’équipe suit les recommandations du comité de cancérologie de l’AFU [1]. En cas de lésion suspecte, n’attendez pas : prenez rendez-vous.

Références

  1. French AFU Cancer Committee Guidelines: penile cancer (recommandations françaises sur le cancer du pénis) — Progrès en Urologie.

Cet article est inspiré des fiches d’information de l’Association Française d’Urologie : consultez la fiche patient sur les tumeurs du pénis sur Urofrance.org.