Les calculs urinaires (lithiase urinaire) touchent environ une personne sur dix au cours de la vie. Leur traitement fait appel à des techniques peu invasives, et la prévention des récidives est aujourd’hui aussi importante que le traitement du calcul lui-même.

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Épidémiologie et causes

  • Un calcul urinaire est une concrétion solide qui se forme dans le rein à partir de cristaux présents dans l’urine, et qui peut migrer dans l’uretère (le canal qui conduit l’urine du rein à la vessie). La lithiase urinaire est fréquente et récidive dans environ un cas sur deux en l’absence de mesures de prévention.
  • Dans la grande majorité des cas, la formation des calculs est favorisée par les habitudes alimentaires (boissons insuffisantes, excès de sel ou de protéines) ; certaines maladies chroniques (diabète, hypertension, surpoids) et, plus rarement, des maladies métaboliques ou génétiques (hyperparathyroïdie, cystinurie) peuvent également être en cause.

La colique néphrétique : une douleur qui ne passe pas inaperçue

  • Lorsqu’un calcul bloque l’écoulement des urines, il provoque une colique néphrétique : une douleur brutale et intense du flanc, irradiant vers le bas du ventre et les organes génitaux, souvent accompagnée de nausées.
  • La plupart des coliques néphrétiques peuvent être soulagées par des anti-inflammatoires, et beaucoup de petits calculs s’éliminent spontanément. En revanche, une colique néphrétique avec fièvre, une douleur résistante au traitement ou une impossibilité d’uriner imposent de consulter en urgence : un drainage des urines peut être nécessaire sans délai.
  • Le service assure une filière dédiée « SOS Calculs » qui permet une prise en charge rapide dès l’épisode aigu, puis une consultation spécialisée organisée dans la continuité.

Diagnostic

  • Le scanner sans injection est l’examen de référence : il localise le calcul, mesure sa taille et sa densité, et oriente déjà le choix du traitement. L’échographie est utile en première intention et chez la femme enceinte.
  • L’analyse du calcul (ou de ses fragments) au laboratoire, complétée par un bilan sanguin et urinaire, permet de comprendre pourquoi il s’est formé — une étape essentielle pour éviter la récidive.

Traiter le calcul : des techniques peu invasives

  • Les petits calculs non compliqués peuvent simplement être surveillés ou accompagnés médicalement jusqu’à leur élimination naturelle.
  • Lorsqu’un traitement est nécessaire, le service dispose de l’ensemble des techniques modernes, ce qui permet de proposer à chaque patient l’option la plus adaptée [1] : la lithotritie extracorporelle (fragmentation par ondes de choc à travers la peau, sans anesthésie lourde), l’urétéroscopie souple avec laser (un endoscope très fin introduit par les voies naturelles jusqu’au calcul, fragmenté ou vaporisé au laser) et la chirurgie percutanée (NLPC) pour les calculs volumineux ou complexes, retirés par un fin tunnel à travers la peau du dos.
  • La chirurgie « à ciel ouvert » est devenue exceptionnelle ; la cœlioscopie garde quelques indications particulières, notamment en cas d’anomalie de forme des voies urinaires associée (maladie de la jonction pyélo-urétérale).
  • La plupart de ces interventions sont réalisées en hospitalisation courte ou en ambulatoire.
Schéma : les trois traitements des calculs urinaires — lithotritie extracorporelle par ondes de choc, urétéroscopie souple avec laser par les voies naturelles, chirurgie percutanée pour les calculs volumineux
Trois façons de traiter un calcul : le choix dépend de sa taille, de sa position et de sa dureté. Schéma simplifié.

Le Lithocentre Nouvelle-Aquitaine

Traiter le calcul ne suffit pas : sans mesure de prévention, la maladie lithiasique récidive une fois sur deux. C’est pourquoi le service a créé le Lithocentre Nouvelle-Aquitaine, une évolution moderne et multidisciplinaire de la prise en charge de la maladie lithiasique, unique dans la région. Le parcours y est organisé de bout en bout :

  • dès la colique néphrétique, le patient est pris en charge par la filière « SOS Calculs » du CHU, puis adressé en consultation spécialisée dans le cadre du parcours du Lithocentre ;
  • cette consultation poursuit deux objectifs simultanés : traiter le calcul et rechercher les causes qui l’ont fait se former ;
  • en cas d’intervention, l’examen visuel du calcul avant sa destruction améliore la démarche diagnostique ; une analyse des fragments est réalisée par le laboratoire. Ces deux examens permettent de proposer une prise en charge personnalisée selon la nature et la composition du calcul ;
  • s’y ajoutent des examens biologiques approfondis, une imagerie adaptée, un accompagnement diététique, parfois psychologique, et un suivi régulier, en lien avec les néphrologues et les endocrinologues du CHU.

Les priorités du Lithocentre sont clairement définies : dépister et traiter les patients dont les calculs sont liés à une maladie métabolique ou génétique (hyperparathyroïdie, cystinurie…) ou à une maladie chronique (diabète, hypertension, syndrome métabolique) ; proposer un parcours personnalisé aux patients dont les calculs sont liés à des erreurs diététiques — de loin la situation la plus fréquente ; diminuer le risque de récidive ; et éviter les complications graves, en particulier l’insuffisance rénale.

L’expertise du service

Le service dispose d’un plateau technique complet — urétéroscopes rigides et souples, laser holmium, lithotriteur extracorporel, équipement de chirurgie percutanée — et d’une filière d’urgence « SOS Calculs ». Cette organisation permet de proposer toutes les options thérapeutiques et de choisir, avec chaque patient, la mieux adaptée à son calcul [1]. Le service est par ailleurs centre de référence de la reconnaissance visuelle endoscopique des calculs, une expertise développée à Bordeaux et intégrée aux recommandations françaises [3]. Vous pouvez découvrir certaines interventions en images sur notre page vidéos, et prendre rendez-vous pour une consultation.

Une équipe qui fait progresser les connaissances

La reconnaissance visuelle endoscopique des calculs : une expertise développée à Bordeaux

L’axe de recherche phare du service est la reconnaissance visuelle endoscopique de la nature des calculs : apprendre à identifier, à l’œil et en cours d’intervention, de quel type de calcul il s’agit, d’après l’aspect de sa surface et de sa structure. L’intérêt est direct pour le patient : cette information est disponible immédiatement, avant même la destruction du calcul et sans attendre les résultats du laboratoire — elle oriente le bilan des causes et les mesures de prévention. Le service a beaucoup publié dans ce domaine et a participé à faire évoluer les recommandations françaises : la description endoscopique des calculs et des papilles rénales fait désormais l’objet d’un chapitre à part entière des recommandations du comité lithiase de l’Association Française d’Urologie [1, 3]. L’équipe s’appuie également sur l’une des plus importantes bases de données au monde sur la composition des calculs, avec plus de vingt ans de recul [2, 6].

Vers une reconnaissance automatisée : le projet ROCK-AI, lauréat de l’ANR

L’étape suivante consiste à automatiser cette reconnaissance visuelle grâce à l’intelligence artificielle, afin de la rendre fiable et accessible à tous les chirurgiens. Le service a publié les premiers travaux montrant qu’un algorithme peut reconnaître la nature d’un calcul à partir des images [4] puis des vidéos endoscopiques enregistrées au cours des interventions [5]. Ces recherches ont été distinguées par l’Agence Nationale de la Recherche : l’équipe est lauréate du projet ROCK-AI« Observation et classification robustes pour les calculs rénaux — Intelligence artificielle et application clinique », porté par Baudouin Denis de Senneville —, actuellement en cours de mise en place.

Former les chirurgiens

L’équipe a par ailleurs conçu un simulateur d’urétéroscopie imprimé en 3D, validé pour l’apprentissage de cette chirurgie [7], dans le prolongement de son expertise de la modélisation 3D.

Retrouvez ces travaux sur la page Les publications de l’équipe ; participer à une étude clinique peut vous être proposé lors de votre prise en charge.

Références

  1. 2022 Recommendations of the AFU Lithiasis Committee: management of kidney and ureteral stones (recommandations françaises sur la prise en charge des calculs) — Progrès en Urologie, 2023.
  2. Epidemiology of urinary stone composition in the Southwest of France: a 23-year single-center retrospective study — The French Journal of Urology, 2025.
  3. 2022 Recommendations of the AFU Lithiasis Committee: endoscopic description of renal papillae and stones — Progrès en Urologie, 2023.
  4. Towards automatic recognition of pure and mixed stones using intra-operative endoscopic digital images — BJU International, 2022.
  5. Deep morphological recognition of kidney stones using intra-operative endoscopic digital videos — Physics in Medicine and Biology, 2022.
  6. Comprehensive analysis of 55,213 stones: understanding common morphological associations advances endoscopic stone recognition — World Journal of Urology, 2025.
  7. Three-dimensional printing technology used to create a high-fidelity ureteroscopy simulator — Urology, 2023.

Cet article est inspiré des fiches d’information de l’Association Française d’Urologie : consultez la fiche patient sur la lithiase urinaire sur Urofrance.org.