Peut-on surveiller un cancer de la prostate ?

Depuis les années 1990, une large utilisation du dosage du PSA dans le cadre du dépistage du cancer de la prostate a été à l’origine d’une augmentation du nombre de cas diagnostiqués. .

Parallèlement, il a été observé une augmentation du nombre de traitements radicaux.

Grace à plusieurs études internationales, nous avons appris depuis que certains cancers avaient un très faible risque de progression, de métastase et de décès. Le traitement de ces formes peu agressives est désormais considéré comme un sur-traitement.

La surveillance active d’un cancer de la prostate à faible risque de progression apporte une réponse adaptée au risque de sur-traitement en proposant de différer le moment du traitement radical et même de l’éviter dans les formes les moins agressives.

Quels-sont les modalités de sélection et de suivi des patients pour la surveillance active ?

Les critères de sélection et de suivi reposent sur les données du toucher rectal, du PSA, des biopsies de prostate et l’IRM de la prostate.

Le suivi nécessite un dosage du PSA tous les 3 à 6 mois, un examen clinique comprenant un toucher rectal tous les ans et une série de biopsies de prostate à renouveler dans l’année qui suit le diagnostic, puis tous les 3 à 5 ans maximum. L’IRM est également répétée selon l’évolution des autres éléments.

Les traitements radicaux ne sont proposés qu’en cas de progression de la maladie.

La surveillance active expose-t-elle à un risque d’aggravation du cancer ?

À ce jour, aucune donnée n’indique que les personnes chez qui on applique la surveillance active ne vivent pas aussi longtemps que celles qui reçoivent un traitement radical d’emblée.

Néanmoins, il peut exister un risque de sous-estimer l’agressivité du cancer si le bilan initial n’est pas suffisamment précis. C’est pour cette raison que les biopsies doivent être faites au moins 2 fois au début de la surveillance et qu’elles doivent être guidées par la réalisation préalable d’une IRM de la prostate.

Le suivi en cours de surveillance active doit également être régulier et précis.

Sous réserve de bien respecter ces précautions, il n’y a pas de risque significatif de voir évoluer un cancer de prostate vers un stade qui ne soit plus curable.

En résumé

La surveillance active du cancer de prostate est devenue le traitement de choix des cancers localisés et à faible risque de progression.

L’espérance de vie en surveillance active est la même que celle des patients bénéficiant d’un traitement radical d’emblée à condition qu’ils soient soigneusement sélectionnés et suivis.

La surveillance active est la meilleure solution pour éviter les éventuels effets secondaires (notamment sexuels) liés au traitement du cancer de la prostate.