Les biopsies de prostate questions réponses

Le cancer de la Prostate est devenu au fil du temps un problème de santé publique, en raison essentiellement de l’augmentation de l’espérance de vie. Son diagnostic est porté grâce à la réalisation de biopsies prostatiques.

Quand ?

Le plus souvent c’est devant une élévation du taux sanguin de PSA (Prostatic Specific Antigen) et/ou devant un examen anormal de la prostate par toucher rectal réalisé chez un homme ayant entre 50 et 75 ans que va se poser le problème de la réalisation de biopsies prostatiques. C’est à cette occasion que le Médecin traitant décide de vous envoyer consulter un Urologue.

En effet l’indication des biopsies est de son ressort

Il prend en compte l’âge, les données du PSA et du toucher rectal pour décider de leur nécessité ou non après en avoir discuté avec le patient.

Pourquoi ?

Les biopsies prostatiques sont le seul moyen de détecter la présence de cellules cancéreuses dans la prostate.

Elles permettent de juger du degré de malignité et du degré d’atteinte de la glande, et sont indispensables pour décider de la stratégie la plus adaptée pour la prise en charge d’un cancer de prostate, qui peut aller de la surveillance à un traitement beaucoup plus agressif.

Ces biopsies sont le plus souvent réalisées par l’urologue qui vous les a proposées, en consultation.

Il est parfois nécessaire de les répéter.

Comment ?

Les biopsies sont réalisées sous contrôle échographique. Le nombre de prélèvements est variable, au moins 6 de dans chacun des 2 lobes prostatiques.

Chaque biopsie est numérotée pour, le cas échéant, connaitre au mieux la localisation des cellules cancéreuses.

Les biopsies sont ensuite confiées au médecin anatomo-pathologiste qui va les examiner au microscope.

Est ce que c’est douloureux ?

Les biopsies sont réalisées sous anesthésie locale, exceptionnellement sous anesthésie générale.

Ce n’est pas un examen très agréable, mais pas très douloureux non plus.

Ainsi la grande majorité des patients acceptent  de nouvelles biopsies si elles sont nécessaires.

Est ce que c’est dangereux ?

Non ce n’est pas dangereux, mais ce n’est pas non plus un geste qui doit être banalisé.

Les risques sont de 3 ordres :

  • l’infection (prostatite), c’est pourquoi le geste est précédé par la prise d’antibiotiques et par un petit lavement. Elle survient dans moins de 2% des cas.
  • le saignement, en fait banal, par l’anus, le canal urétral (lors de l’éjaculation par exemple). Il peut persister quelque temps mais n’est pas inquiétant
  • blocage urinaire, exceptionnel ( moins de 1% des cas), nécessitant la mise en place d’une sonde quelques jours.

Y-a-t-il un autre moyen de diagnostiquer un cancer de la prostate ?

Non.

Les examens actuels, tels que l’IRM prostatique, ne permettent pas d’affirmer la présence ou l’absence d’un cancer.

De plus, on l’a vu, les biopsies donnent des informations sur le caractère du cancer quand il est présent qu’aucun autre examen n’est capable de fournir.

Quand vais je recevoir les résultats ?

Les résultats sont communiqués à l’urologue 8 à 10 jours après le prélèvement.

Ils sont communiqués oralement lors d’une consultation avec l’urologue, ils ne vous seront pas donnés par téléphone ou par courrier.

Le Médecin traitant est bien entendu informé.

Si mes biopsies sont normales, pourquoi mon PSA était il élevé ?

La négativité des biopsies devant un PSA anormal peut conduire à répéter l’examen, en s’aidant au besoin d’une IRM ou d’une technique échographique plus élaborée.

Ceci étant, l’élévation du PSA peut être liée à une prostate volumineuse ou à une inflammation prostatique, et n’est pas spécifique de cancer.

C’est pourquoi le dosage du PSA ne suffit pas à affirmer la présence de cellules cancéreuses à lui seul.

Pourquoi doser le PSA si la prostate a été enlevée ?

L’ablation totale de la prostate est parfois pratiquée en cas de cancer.

Le PSA devient indosable, et sa surveillance sert à détecter précocément la survenue d’une rechute afin de la traiter efficacement.

Il en est de même en cas de traitement par rayons ou par hormones.