Cancer du rein : 1ère française

Le Dr Jean-Christophe Bernhard du Service d’Urologie, Andrologie et Transplantation rénale et le Dr François Cornélis du Service de Radiologie du CHU de Bordeaux ont pratiqué, pour la 1ère fois en France, un traitement chirurgical mini-invasif associant deux techniques innovantes pour traiter un cancer rénal.

Une réflexion collégiale

Confrontée à une situation clinique complexe, très difficilement accessible aux techniques conventionnelles, l’équipe pluridisciplinaire d’Onco-Urologie du CHU a du élaborer une prise en charge originale.
En effet, chez une patiente jeune, ayant subi l’ablation du rein gauche 12 ans auparavant, une nouvelle tumeur a été diagnostiquée au centre de son rein unique. L’emplacement et la taille de cette tumeur la rendaient difficilement accessible à un geste chirurgical, avec des risques majeurs de perte fonctionnelle rénale et de complications.

Il fallait donc proposer une solution de recours, associant une efficacité satisfaisante au plan carcinologique, un faible risque de complications et une préservation de la fonction rénale la meilleure possible.

En d’autres termes, traiter ce cancer de présentation difficile de façon sûre et « mini-invasive » tout en « sauvegardant » ce rein unique.

Le chirurgien et le radiologue ont alors associé, pour la 1ère fois en France, deux techniques de pointe, utilisées d’habitude séparément pour traiter les tumeurs rénales :

– la laparoscopie robot-assistée, technique chirurgicale mini-invasive utilisée pour certaines néphrectomies partielles.

 la cryothérapie, technique basée sur un traitement de la tumeur par le froid qui aboutit à la destruction de celle-ci.

« Pour les situations cliniques courantes, les solutions que nous utilisons habituellement (néphrectomie partielle par laparoscopie robot-assistée ou thermo-ablation par voie percutanée) donnent de très bons résultats dans des conditions de sécurité et de confort tout-à-fait  satisfaisantes. Dans ce cas précis et complexe, c’est parce que nous maîtrisons ces techniques que nous avons pu les adapter et les utiliser conjointement afin d’optimiser notre prise en charge. » Dr Jean-Christophe Bernhard

 

Les bénéfices pour la patiente

L’expertise des équipes médicales et para-médicales a permis à cette patiente de bénéficier d’un traitement mini-invasif idéalement adapté à la lésion qu’elle présentait, avec des conditions post-opératoires confortables et un retour à domicile sous 4 jours. Le bénéfice majeur étant une sauvegarde optimale de sa fonction rénale.

Cette première reste une pratique d’exception en réponse à une situation extrême, qui a permis de cumuler les avantages de la chirurgie robotique (précision et stabilité du geste) et la faible morbidité de la thermo-ablation.La combinaison de ces deux procédures permet de repousser encore les limites de faisabilité des traitements conservateurs des tumeurs du rein : traiter des tumeurs de plus en plus complexes tout en préservant au mieux la fonction rénale.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une dynamique novatrice de recherche et de prise en charge du cancer du rein au CHU de Bordeaux :

– réflexion et parcours de soin pluridisciplinaires centrés sur cette pathologie faisant intervenir diverses spécialités : chirurgiens urologues, oncologues, uro-radiologues, onco-généticiens, médecins nucléaires, anatomo-pathologistes et radiothérapeutes,

– spécialistes aguerris aux techniques de pointe et membres de comités nationaux,

-protocoles thérapeutiques proposés aux patients,

-projets de recherche biomédicale en cours,

-coordination du réseau national sur le Cancer du Rein (UroCCR)…